

il y a des histoires qui ne se racontent pas et s'écoutent;
des tragédies qui ne sont que le seul fait de ceux qui la contemplent.
Alice n'est pas dans une tragédie, elle vit une vie sans regard extérieur,
une vie dans l'auto-normalité où elle prend plaisir à décapiter ses amis
ou même à la psycho-mutilation.
L'Armée des p'tits poids prend sa caméra
acoustique pour suivre cet être, mais Alice les a grugés dès la rencontre
de cet ovule dépressif avec un spermatozoïde alcoolique accompagnée des
effluves décalées de Mr Bungle, Zorn, Slayer, Fantomas ou Bartok.
Un axiome apparaît, le Tout est mal.
Ce long métrage sonore sur les tribulations
d'Alice, sans espoir d'adolescence, est un hymne à une nouvelle révolution,
une nouvelle révolte, celle des cellules qui ont décidé de prendre le pouvoir
sur toute morale ou religion en créant des êtres libres de toute contrainte sociétale.
Une constatation s'en impose, il faudra bien un jour que nous parlions à nos cellules,
Dieu en étant incapable, si nous estimons qu'elles deviennent anti-sociales.
Nous découvrirons sinon une nouvelle ère satanique nous incitant à mettre le feu à nos
écoles maternelles. Le petit homme est en mutation, mais l'homme a, pensons-nous,
à tort ou à raison, au moins toujours un début. Alice ne serait-elle pas la clé de
l'évolution de l'Humanité ?
Une nuit ou peut-être un jour j'ai rêvé de toi.
J'ai vu le ciel se noircir et j'ai pleuré des larmes de sang,
J'ai entendu mon coeur frapper plus fort qu'un tambour de guerre.
J'ai senti mon âme durcir sous les tortures mentales que tu lui infligeais sans relâche.
J'ai vu les coups de fouet.
J'ai goûté le sang de mon frère qui, après ton passage, coulait de son sexe, de son anus
et de son corps tout entier.
J'ai senti l'odeur du soufre sur les corps calcinés de mes enfants,de ma femme et de mon peuple.
Je t'ai écouté parler d'amour et de respect, et pourtant tu n'as fait que faner la seule fleur
encore vivante sur terre,celle qui donne l'espoir du moi et de l'être, la fleur de vie,
la fleur de paix et d'amour.
Tu détruis et tu rayes de ta carte ce que tu ne comprend pas, ce que tu ne sens pas.
Tu dictes tes règles, imposes tes fantasmes et sèmes l'amère douleur de tes frustrations.
Tu crois vivre et pourtant bientôt tu seras là, couché et inanimé, à pleurer et à implorer
le droit à l'erreur et à la vie.
Vieux, faible, trahi, déchu, maudit et enfin reconnu comme il se doit, je t'ai vu mourir.
Seul et sale comme la honte tu t'effaces et disparais à jamais.
Une nuit ou peut-être un jour j'ai rêvé de toi.
Une nuit ou peut-être un jour j'ai cru que quelqu'un comme toi pouvait exister.
Mais je crois que j'ai surtout mal dormi ou abusé d'un mauvais vin.